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l’actualité écolo-culturelle par carbo média

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Par Juliette & Millie
25 juil. · 7 mn à lire
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En juillet, éco-théâtre, lectures d’été et fraîcheur des musées

Votre condensé mensuel d'actualité écolo-culturelle par carbo média

Bienvenue dans une parenthèse artistique et consciente de dix minutes. Aujourd’hui, on va parler du concept d’éco-théâtre, du Festival d’Avignon et même de moines et de thé ! 

☝️ Avant de commencer. Déjà un mois s’est écoulé depuis notre dernière newsletter (qui était aussi la toute première édition du bottin !). Le 21 juin dernier, nous cliquions sur le bouton “Envoyer” de notre première édition (un peu) émues et (carrément) ravies. Nous voilà trente jours plus tard, et alors que ce second opus est dans les starting blocks, nous venons de découvrir que vous étiez 1 200 nouveaux et nouvelles abonnés·ées à avoir rejoint l’aventure. À toutes et tous : soyez les BIENVENUS·ES !

Pour rappel, dans le bottin, on vous partage chaque mois notre sélection des sorties culturelles (musique, livres, danse, théâtre, ciné…) ayant pour thème l’écologie. Entre deux éditions, n’hésitez pas à faire un tour sur le site carbo média, votre fenêtre culturelle pour appréhender l'écologie sous un autre angle avec des reportages, des chroniques et des interviews d'artistes. Et bien-sûr : partagez-nous vos avis et vos envies, on est toujours preneuses ! Signé : Juliette et Millie (pour les nouveaux·elles, on se présente plus bas). 

Si vous ne deviez pas lire cette newsletter jusqu’au bout, retenez au moins ça : les jours de forte chaleur, cherchez la fraîcheur dans les salles obscures. Vous pourrez y découvrir le génial film Les Algues vertes (tiré de la BD du même nom, lisez notre critique) ou le thriller Sabotage (inspiré du livre Comment saboter un pipeline d’Andreas Malm). 

Théâtre ou éco-théâtre ?

Le Jardin des Délices © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'AvignonLe Jardin des Délices © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

🎭 Chaque année depuis 1947, le mois de juillet rime en France avec théâtre. Eh oui, le temps fort de ce premier mois d’été c’est bien sûr le Festival d’Avignon, ses affiches colorées placardées dans les rues de la Cité des Papes, sa programmation toujours plus vertigineuse – cette année sur 25 jours de festival, pas moins de 1 491 spectacles à l’affiche du « Off », et 40 dans le « In » –, ces pièces jouées de nuit dans l’historique cour d’honneur du Palais des Papes… Mais un événement de cette ampleur, c’est aussi bien sûr une empreinte carbone très élevée, notamment à cause des déplacements du public, du transport des décors et des troupes (comme le rappelle cette vidéo assez explicite de la compagnie La Poursuite du Bleu). L’occasion, aussi, de relire cette interview de Fanny Legros, ancienne directrice de galerie d’art qui se bat aujourd’hui pour amener le monde de la culture vers plus de sobriété.

Chez carbo média, pour ce mois « spécial théâtre », on a envoyé sur place à Avignon notre journaliste Alexia Luquet, qui nous a concocté une sélection de pièces sur l’écologie à découvrir pendant le Festival, nous a parlé de sa découverte exaltée de la pièce de Philippe Quesne, Le Jardin des délices et a aussi mené une enquête sur l'impact carbone du Festival et les actions mises en place pour le réduire. Mais dans cette newsletter, on avait envie de vous initier plutôt au concept d’éco-théâtre. On en a notamment discuté avec Marine Giraudet, comédienne et metteuse en scène dans la jeune compagnie Aborescent·e·s, une compagnie fondée en 2020 qui tente de révolutionner le genre théâtral et le secteur dans son ensemble avec une question toujours en tête : comment faire mieux ? Leur objectif : réaliser des « spectacles éco-conçus qui participent à la construction d’une culture de l’écologie et du vivant joyeuse, artistique et collective ». 

Nous choisissons de faire écologie de nos esthétiques et de nos pratiques théâtrales. Marine Giraudet

C’est là que réside l’essence de l’éco-théâtre pensé par la compagnie Arborescent·e·s : penser, pour chaque pièce, son impact environnemental concret et les imaginaires écologiques qu’elle convoque. L’éco-théâtre c’est mêler le fond et la forme, les histoires véhiculées et les actions pratiques pour que la pensée écologique infuse toutes les strates d’une compagnie théâtrale. « Faire de l’écologie une source d’inspiration et de création ». Pour la compagnie Arborescent·e·s, par exemple, il s’agit 1. de réfléchir à chaque achat de matériel et de privilégier la seconde main, la récup et le troc pour la conception des costumes et des décors, 2. de réaliser des pièces dans des espaces publics, en plein air, pour bénéficier de la lumière naturelle et avec de la musique live, et 3. d’imaginer des pièces qui abordent un ou plusieurs des thèmes de l’écologie. À l'image de leur pièce De Chair et d'Eau, que nous avons pu découvrir au Jardin d’agronomie tropicale de Nogent-sur-Marne un dimanche du mois de juin, et qui s’ouvre sur une déambulation au cœur des espaces naturels du parc à la poursuite des trois acteurs de la pièce. De Chair et d’Eau, c’est le mythe associé à la déesse grecque Déméter repris et modernisé, avec un regard critique pointu porté sur la destruction de la biodiversité causée par des multinationales toujours plus avides d’argent, qui assèchent la Terre et dérèglent le cycle de la nature. Une pièce écoféministe efficace, entre humour et tragédie, et sobre en énergie.

© Marie Larisse© Marie Larisse

© Marie Larisse© Marie Larisse

Marine Giraudet nous a parlé, aussi, de la méthode B.I.S.O.U (Besoin Immédiateté Semblable Origine Usage), sur les questions à se poser avant chaque achat, une méthode qui les aident à raisonner chaque prise de décision. Elle a aussi évoqué Treebal, l’application utilisée par la compagnie pour échanger, version bretonne, plus secure et moins polluante de Whatsapp. Marine, inspirée par la compagnie new-yorkaise Superheros Clubhouse et son manifeste de novateur de l’éco-théâtre, souhaite que les programmations ouvrent enfin des créneaux spéciaux dédiés aux imaginaires écologiques et à l’éco-théâtre pour gagner en visibilité et pouvoir infiltrer toutes les grandes structures qui refusent encore de changer de vision.

Aujourd’hui, notre génération est imbibée des imaginaires écologiques et a les clefs nécessaires pour penser tout de suite les pièces de cette manière, réfléchir uniquement avec ce qu’on a et éviter les frustrations.


Trêve de bavardages, place à notre sélection de sorties écolo-culturelle ! On se motive, on met sa crème solaire dans son sac (sauf pour le cinéma !), on tire un·e ami·e (ou pas) par la manche, et on part à la rencontre des artistes qui réinventent le monde dehors. Allez, hop-hop-hop, on se lève et on se cultive !

Dans les salles obscures :

  • 🎬 Le 26 juillet Sortie du film Sabotage de Daniel Goldhaber, dans lequel un groupe de jeunes activistes climat se fixe une mission périlleuse : saboter un pipeline qui achemine du pétrole dans tous les États-Unis. Un film tiré du livre d'Andreas Malm, Comment saboter un pipeline ?, un must-read pour pas mal de militants climat et gros coup de cœur d’une grande partie de l’équipe carbo. (Sortie dans toute la France). 

  • 🎬 Depuis le 12 juillet Le génial film Les Algues vertes est aussi dans toutes les bonnes salles obscures. Lisez notre critique pour vous mettre en jambes, on sait pas vous, mais nous, on a versé quelques larmes ! 

À l’extérieur :

  • 🚲 Du 23 août au 2 septembre Le cyclo-festival Les Furtives, un festival itinérant à vélo qui sillonnera la Charente et la Charente-Maritime. 

  • 🌳 Jusqu’au 17 septembre Déambulation champêtre Grandeur Nature : 18 artistes au jardin (Fontainebleau).

  • 🖼️ Jusqu’au 1er octobreLe festival d’art contemporain Les Extatiques pour découvrir notamment l’artiste Jérémy Gobé (qu’on vient justement d’interviewer !) (Paris).

Dans la fraîcheur des musées :

  • 🖼️ Jusqu’au 17 septembre Exposition L'Univers sans l'homme au Musée de Valence (Drôme).

  • 🖼️ Jusqu’au 18 septembreL’exposition Avant l’Orage à la Fondation Pinault pour se plonger « dans l’urgence du présent comme dans l’œil d’un cyclone, l’obscurité et la lumière, le printemps et l’hiver, la pluie et le soleil, le jour et la nuit, l’humain et le non-humain ». Rien que ça, oui ! (Paris)

  • 🖼️ Jusqu’au 1er octobre La nouvelle expo-photo de la Maison Européenne de la Photographie, Poetry of the Earth de l’artiste plasticienne suisse Maya Rochat, une réflexion poétique sur la beauté de la nature, des roches, des matières et végétaux (Paris).

Et aussi :

  • 🎤 Le 26 juillet Stand-up climatique par le Greenwashing Comedy Club (collectif que nous avons d’ailleurs déjà interviewé) à l’Académie du Climat (Paris). Profitez-en pour regarder tout l’agenda du lieu, il y a plein d’autres rendez-vous sympas.

  • 🎭 Jusqu’au 29 juillet La pièce Coupures sur la place des citoyen·es dans le débat démocratique au Théâtre des Béliers à Avignon (Vaucluse). Adorée par l’équipe à Paris, cette pièce est un mélange subtil entre théâtre ultra inventif et poétique et engagement politique fort, une pièce qui donne envie d’entrer en résistance !

  • Jusqu’au 3 août, au Consulat Voltaire (Paris), l’exposition S’en sortir - Sans sortir, vivement recommandée par Gaëlle de l’équipe carbo. Une expérience entre théâtre poétique, déambulation et arts plastiques, au sein du bâtiment industriel du Consulat, qui nous invite à réimaginer notre rapport aux temps et aux matières. La balade dans l'espace nous permet d'orienter nos regards et nos sens différemment, guidés·es par un duo mystérieux. À voir absolument, c’est l’une de nos meilleures sorties de l’année !

Vous vous étonnez de ne pas trouver de festivals d’été dans cette catégorie ? C’est normal : on vous a déjà partagé nos préférés dans notre newsletter du mois dernier

L’été, c’est aussi la saison idéale pour bouquiner à l’ombre d’un pin ou d’un parasol. Attrapez les 10 livres que vous n’avez pas eu le temps de lire cette année, ou faites un tour dans votre quartier pour attraper quelques pépites de notre sélection dans votre librairie préférée. 

Des romans et fictions :

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