le bottin.

l’actualité écolo-culturelle par carbo média

image_author_Juliette &_Millie
Par Juliette & Millie
5 articles
10 oct. · 7 mn à lire
Partager cet article :

Octobre : écologie ludique et films engagés

Votre condensé mensuel d'actualité écolo-culturelle par carbo média

Bienvenue dans une parenthèse artistique et consciente de dix minutes. Aujourd’hui, on va parler de l’écologie en mode ludique dans les jeux de société, des sorties culturelles d’octobre, et des films engagés à découvrir au ciné !

☝️ Avant de commencer. Alors que nous faisons partir cette quatrième édition, nous constatons que vous êtes plus de 2 150 à vous être abonnés au bottin ! Soit déjà 1 000 de plus que cet été. Merci ! Pour que la vague écolo-culturelle déferle toujours plus fort sur la société, transférez ce mail à votre voisine de pallier, à votre collègue chéri, à votre nièce, à votre alter ego, à votre tante… Plus on est d’écolo-cultureux, et plus on est heureux !

Si vous ne deviez pas lire cette newsletter jusqu’au bout, retenez au moins ça : Saviez-vous que le célèbre jeu Monopoly était une copie de The Landlord’s Game, un jeu inventé en 1903 pour dénoncer les ravages des monopoles et du capitalisme ? Et qu’en 1961, un designer avait inventé un jeu de logistique basé sur une simulation de la distribution des ressources mondiales, intitulé World Game (ou World Peace Game), censé aider à trouver des solutions à la surpopulation et aux inégalités ? La preuve qu’en jouant, on peut trouver bien plus qu’un simple divertissement…

Peut-on jouer avec l’écologie ? 

Comme tous les sujets qualifiés de « sérieux » pour leur dimension scientifique, historique ou encore politique, l’écologie est rarement associée à l’univers du jeu et de l’amusement. Et pourtant, le jeu ne serait-il précisément pas la réponse (ou du moins une des réponses) aux difficultés que rencontrent les écolos à mobiliser les foules ? 

« Le jeu permet de créer une porte d'entrée différente sur l’écologie », nous a récemment confirmé en interview Niels de Fraguier, un serial entrepreneur de l’écologie qui a finalement trouvé dans le jeu une solution pour sensibiliser au-delà du seul cercle des convaincus. Après avoir créé une plateforme d’information collaborative sur l’écologie, il vient de lancer son propre jeu de cartes, appelé FUTURs (actuellement en pré-financement sur Ulule). « C’est un divertissement accessible à tous, qui parle à toutes les générations, et qui revient actuellement très fortement à la mode, surtout depuis l’époque des confinements et qui a plusieurs avantages, continue-t-il. D’abord, il permet de se divertir en investissant un univers qu’on ne connaît pas, dont on a en partie le contrôle, et que l’on s'amuse à faire évoluer.

Ensuite, il permet d’aborder le sujet de l’écologie de façon systémique et holistique, car on y met tous les éléments en interaction les uns avec les autres. Ça permet de montrer comment se forment les différents scénarios d’avenir (dystopique, utopique…). Dans un tel jeu, on peut avoir une multiplicité de déroulements possibles – la partie d’aujourd’hui sera forcément différente de celle jouée hier, comme de celle jouée demain – et donc de futurs possibles. Enfin, la dynamique d’un jeu invite à être attentif·ve, à développer des émotions, à créer du lien social… et tout ça contribue à créer un moment qui nous rattache aux autres et au vivant. ». On n’aurait pas dit mieux. 

D’accord, mais on joue à quoi ?

D’accord, mais on joue à quoi ? Eh bien déjà, on peut commencer par s’interroger sur les grands classiques : comme on le disait dans un article sur écologie et jeux vidéos, citant le fondateur de l’association Game Impact Thomas Planques : « Au risque de détruire un monument de la pop culture des nineties, même Pokémon consiste fondamentalement à faire du trafic d’êtres vivants que l’on fait s’entretuer ». Ça calme. « Et que dire de jeux tout aussi innocents en apparence comme FarmVille, qui normalisent la vision d’une nature idéalisée, disponible en abondance ? » ajoutions-nous. N’empêche, des alternatives existent. Pour rester dans le secteur des jeux vidéos, citons seulement Final Fantasy VII (des éco-terroristes contre une multinationale siphonnant l’énergie de la planète), Les Sims 4 : Eco Lifestyle (pour se confronter à la finitude des ressources), ou même des jeux plus confidentiels comme Oxygen not Included, Terra Nil, Endling : Extinction is Forever Civilization VI - Gathering Storm, Caravan SandWitch, Débris,... la liste est longue, et si vous voulez découvrir ces jeux, foncez relire notre article

© Les Sims · Eco Lifestyle Expansion Pack© Les Sims · Eco Lifestyle Expansion Pack

Au risque de détruire un monument de la pop culture des nineties, même Pokémon consiste fondamentalement à faire du trafic d’êtres vivants que l’on fait s’entretuer

Vous êtes plutôt jeux de société ? Pas de problème ! On vient justement de vous concocter une petite sélection de cinq jeux de cartes/plateau pour manipuler les idées de l’écologie avec légèreté. Ainsi d’Ecopolis, une sorte de variante du Monopoly dans lequel tout le monde perd si le « climatomètre » s’affole, La course à l’oseille, pour jouer au permaculteur au diapason avec le rythme des saisons, Cascadia, pour s’inventer démiurge et créer des écosystèmes fertiles dans les plaines américaines, etc.

À propos de Monopoly, saviez-vous que le célèbre jeu était une copie de The Landlord’s Game, un jeu inventé en 1903 par une femme, Elizabeth Magie, dans le but de dénoncer les ravages des monopoles et du capitalisme ? Si le sujet vous intéresse, votre curiosité pourra aussi être titillée par le World Game (ou World Peace Game), un jeu de logistique basé sur une simulation de la distribution des ressources mondiales créé en 1961 pour aider à trouver des solutions à la surpopulation et aux inégalités. À propos de son inventeur, Niels de Fraguier disait justement : « Le designer Buckminster Fuller (inventeur du World Game, ndlr) disait que quand on commence à jouer à un jeu, on comprend, on conçoit et on conceptualise ». Bref, vous l’aurez compris, contre la crise écologique, jouons !


Trêve de bavardages, place à notre sélection de sorties écolo-culturelles ! On se motive, on tire un·e ami·e par la manche (ou pas), et on part à la rencontre des artistes qui réinventent le monde dehors. Allez, hop-hop-hop, on se lève et on se cultive !

Encore quelques festivals, avant que la froideur de l’hiver nous tombe sur la tête

  • 🎉 Du 9 octobre au 2 décembre • Le NEXT Festival, festival franco-belge de théâtre et de danse, revient pour sa dixième édition et on a repéré plein de spectacles touchant de près ou de loin à l’écologie : Allez-donc jeter un œil à Soiled (« une utopie humaine au-delà de l'anthropocène »), Deep cuts (« une pastorale pour le 21e siècle »), Extinction (un « concert organique » qui interroge la civilisation), ou encore Le jardin des délices (dont on vous faisait déjà l’éloge cet été). Dans plusieurs lieux de l'Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai et Valenciennes (France et Belgique).

  • 🎉 Du 11 au 15 octobre Le Festival Atmosphère, un événement qui « interroge le monde de demain à travers le cinéma, les arts et les sciences, depuis 13 ans ». Avec Mathieu Kassovitz et Guillaume Meurice comme parrains, ça intrigue, non ? (Courbevoie, Île-de-France)

    © Festival Atmosphère© Festival Atmosphère

  • 🎉 Du 12 au 22 octobre • Amour Vivant, La première Biennale d’écologie culturelle en France, organisée par l’Association pour un design Soutenable. La première édition de la biennale, en septembre 2021, avait attiré plus de 17 000 visiteurs ! (Paris)

  • 🎉 Du 20 au 22 octobre • Green Orizonte, un nouveau festival éco-responsable avec des concerts et du théâtre à gogo, organisé en Balagne (Haute Corse).

Des expos à gogo

  • 🖼️ Jusqu’au 15 octobre • Expo Dans l’épaisseur de nos lisières, là où naissent les dragons, au Domaine de Chamarande. Une traversée au sein de neuf univers artistiques qui, chacun à leur manière, propose une relation particulière de la notion de « territoire ». Rien que pour le titre de l’expo, on fonce ! (Essone, Île-de-France)

  • 🖼️ Jusqu’au 5 novembre • Exposition Île Intérieure à la Fondation Carmignac. Pour une fois, on quitte la réalité du monde actuel, et on se plonge dans des mondes situés hors des géographies et des temporalités connues. Interroger le concept d’île sur une île… ça n’arrive pas tous les jours, non ? (Île de Porcquerolles, Hyères)

  • 🖼️ Jusqu’au 12 novembre • Exposition Enchanter la terre aux Jardins du Rivau. Une quarantaine d’artistes proposent leur vision de la Terre : terre préhistorique, Terre-Mère, terre meurtrie par le déréglement climatique… On s’était déjà rendus sur place il y a un an, et on vous le racontait dans cet article. (Touraine, Indre-et-Loire)

  • 🖼️ Jusqu’au 19 novembre • Exposition Le monde de Folon, à la Saline royale d'Arc-et-Senans. Une rétrospective de la carrière artistique de Folon (1934-2005), aquarelliste, peintre, graveur et sculpteur belge engagé dans divers combat, dont la lutte environnementale. En plus le lieu est au Patrimoine Mondial par l’UNESCO ! On sait pas vous, mais nous on a prévu d’y aller (on vous racontera !) (Doubs, Bourgogne-Franche-Comté)

    © Jean-Michel Folon© Jean-Michel Folon

  • 🖼️ Jusqu’au 7 janvier 2024 • Exposition Ville de demain à la Cité des Sciences, par la Fondation Solar Impulse. Une expo très pratico-pratique – voire carrément technique – pour découvrir une quarantaine de 40 solutions en faveur de la décarbonation des villes. (Paris)

  • 🖼️ Jusqu’au 24 février 2024 • Exposition Le temps qu’il nous faut au MAIF Social Club. Une invitation à réfléchir à notre rapport au temps, à l’accélération sociétale dans laquelle nous sommes plongés malgré nous, bref, une ode artistique au ralentissement. On n’a pas encore eu la chance d’aller découvrir l’expo, mais on adore toujours celles du MAIF Social Club, alors foncez vous en régaler, ainsi que de son programme d’événements dédiés ! En plus, c’est gratuit et sans inscription. (Paris)

  • 🖼️ Jusqu’au 7 janvier 2024 • Exposition Palazzo, de Eva Jospin au Palais des Papes. Des œuvres monumentales pour réinterroger la notion de palais : ruine, forêt, … dans des « œuvres-lieux fictionnelles » à mi-chemin entre le monde bâti et le monde organique. (Avignon)

Eva Jospin – Nymphées, 2022 – Palazzo – Grande Chapelle du Palais des Papes – AvignonEva Jospin – Nymphées, 2022 – Palazzo – Grande Chapelle du Palais des Papes – Avignon 

Cinéma

  • 🎥 En salle depuis le 20 septembreAcide. « Selma, 15 ans, grandit entre ses deux parents séparés, Michal et Élise. Des nuages de pluies acides et dévastatrices s’abattent sur la France. Dans un monde qui va bientôt sombrer, cette famille fracturée va devoir s’unir pour affronter cette catastrophe climatique et tenter d’y échapper. »

  • 🎥 En salle depuis le 4 octobre • Le règne animal. « Dans un monde en proie à une vague de mutations qui transforment peu à peu certains humains en animaux, François fait tout pour sauver sa femme, touchée par ce phénomène mystérieux. ». Retrouvez bientôt notre critique sur carbo média… Spoiler : on a adoré.

  • 🎥 En salle depuis le 4 octobre • Lost In The Night. « Dans une petite ville du Mexique, Emiliano recherche les responsables de la disparition de sa mère. Activiste écologiste, elle s'opposait à l'industrie minière locale ».

  • © Lost in the night© Lost in the night

  • 🎥 En salle à partir du 18 octobreUne année difficile. « Albert et Bruno sont surendettés et en bout de course, c’est dans le chemin associatif qu’ils empruntent ensemble qu’ils croisent des jeunes militants écolos »Retrouvez bientôt notre critique sur carbo média…

  • 🎥 En salle à partir du 1er novembreLe Garçon et le Héron. « Après la disparition de sa mère dans un incendie, Mahito, un jeune garçon de 11 ans, doit quitter Tokyo pour partir vivre à la campagne dans le village où elle a grandi. Il s’installe avec son père dans un vieux manoir situé sur un immense domaine où il rencontre un héron cendré qui devient petit à petit son guide et l’aide au fil de ses découvertes et questionnements à comprendre le monde qui l'entoure et percer les mystères de la vie. ». Le tant attendu dernier film de Miyazaki.

Pssst, d’autres recommandations de sorties pour la rentrée se trouvaient déjà dans la newsletter du mois dernier !

Romans & écologie : c’est nouveau ça vient (presque) de sortir :

L’écologie aussi a sa littérature roman. Et bonne nouvelle, on vous en a sélectionné huit, fraîchement sortis depuis cet été :

  • Chaleur humaine, de Serge Joncour (éditions Albin Michel). Un huis-clos entre dérèglement climatique et règlements de compte.

  • Humus, de Gaspard Koenig (éditions de l’Observatoire). L’histoire, et les turpitudes, de deux jeunes éco-anxieux décidés à changer le monde. Retrouvez bientôt notre critique sur carbo média…

  • Combien de lunes, de Laura El Makki. (éditions Les Escales) « Un matin comme un autre, le soleil ne se lève pas. Les bêtes disparaissent. Les voitures et les téléphones cessent de fonctionner. Et c’est tout un village – le monde, peut-être – qui est plongé dans le noir. »

  • Les terres animales, de Laurent Petitmangin (éditions La Manufacture de Livres). Cinq amis face à la réalité d’un accident nucléaire.

  • Tout blanc, de Frédéric Ploussard (éditions Héloïse D'Ormesson). Un roman sur le techno-solutionnisme, ce n’est pas tous les jours !

  • Sauvage, de Joan Mickelson (éditions Hachette). « Une ode à nos parts sauvages » à travers l’histoire de « figures mi-humaines mi-animales venues de la nuit des temps ».

  • Dernier gueuleton avant la fin du monde, de Jonas Jonasson (édition Les Presses de la Cité). Un road trip en camping-car sur fond d’annonce de l’apocalypse.

  • Le Ministère du futur, de Kim Stanley Robinson (éditions Bragelonne). « Un chef-d’œuvre de l’imaginaire, l’histoire de la façon dont le changement climatique nous affectera tous dans les décennies à venir. »

Et aussi…

  • Pour celleux qui préfèrent les BD : Celle qui nous colle aux bottes, de Marine de Francqueville (éditions Rue de l’échiquier). « Vifs mais affectueux, les échanges animés d'une jeune artiste et de son père cultivateur autour des grands enjeux de l'agriculture dans un monde sans dessus dessous. »

  • Pour celleux qui préfèrent les polars : La Verticale du fleuve, de Clara Arnaud (éditions Actes Sud). « Un matin de mai 2012, Suyapa, une militante écologiste de la communauté lenchua, est retrouvée dans son lit, le corps criblé de balles ».

  • Pour celleux qui préfèrent les essais : Le grand sabotage climatique. Révélations sur un système corrompu, de Fabrice Nicolino (éditions Des liens qui libèrent). Des révélations à gogo sur les acteurs de l’inaction climatique. Retrouvez bientôt notre critique sur carbo média… Spoiler : ça nous a secoué !

  • Pour celleux qui veulent faire leur B.A. : 13 à table, collectif (éditions Pocket). « Treize nouvelles écrites en réponse à l'appel de l'association Les Restos du coeur, sur le thème "La planète et moi"». Un livre acheté = 4 repas distribués.

  • Pour celleux qui ont des kids : La maison sous la maison, de Émilie Chazerand (autrice) et Marion Arbona (illustratrice) (éditions Sarbacane). L’histoire, de la cave au grenier, d’un monde féérique où tous le monde, humains, animaux, végétaux vivraient en harmonie.

Dans cette rubrique on vous invite à voir le monde à travers les yeux de deux artistes interviewé·es sur carbo média.

« Le festival est l’endroit parfait pour agir ! (…) Les festivaliers – si je me fais l’avocat du diable – ne sont pas là pour ça, mais on plante des petites graines. »

Eric Akopian, président et co-fondateur de Clean my calanques, au sujet de son intervention sur l’une des scènes du Delta Festival à Marseille cet été Lire l’interview complète

« Notre travail est bien plus que quelque chose de froid, calculateur, pragmatique parce qu'il faut gagner de l'argent. Nos métiers peuvent nous permettre d’avoir un vrai impact à condition que l'on s'autorise à rêver en grand. »

Julien est podcasteur et auteur, à propos de son podcast 2030 Glorieuses Lire l’interview complète

Nos amis ont du talent. Alors on vous le partage.

  • Le média Socialter sort son nouveau numéro de Bascules, 10 propositions pour un tournant radical

  • Clothilde Sauvages et Sylvain Paley sortent le podcast Vent Debout pour réfléchir, entre autres, aux conséquences du dérèglement climatique sur nos activités sportives, ou aux liens qui existent entre le sport et le capitalisme. On vous en parle bientôt plus en détails sur carbo média.

Vous & Nous

→ Vous organisez un événement, vous avez repéré un livre (ou vous l’avez écrit !), votre nièce a lancé sa compagnie d’éco-théâtre, vous êtes photographe passionné·e par l’écologie, faites-nous un petit message sur l’adresse redaction@hellocarbo.com ou glissez dans nos DMs sur Instagram pour nous signaler ça et on en fera peut-être un article à retrouver sur www.hellocarbo.com/media/ Nous, on est à Bordeaux et à Paris et on ne demande qu’à élargir nos horizons en découvrant ce qui se passe dans les autres villes, villages et campagnes !

→ Pour ne pas manquer les prochains numéros du bottin, abonnez-vous, c’est gratuit !
Partagez aussi cette newsletter à vos proches en leur transférant cet email (si vous l’avez reçu dans votre boîte mail) ou en leur envoyant le lien de cette page (si vous nous lisez sur lebottin.kessel.media) ! Enfin, vous pouvez aussi nous partager vos impressions pour continuer d’améliorer cette newsletter : redaction@hellocarbo.com

Au mois prochain !

Juliette & Millie